Dans l’Evangile de ce dimanche, il est beau de vivre, comme si nous y étions, cette rencontre entre Jésus et ce lépreux. Il ne se trompe pas celui qui tombe à genoux devant Jésus et le supplie ! « Si tu le veux, tu peux me purifier »
« Si tu veux » Est-ce à dire que Jésus ne voudrait pas ? Sans doute, non ! Une telle expression nous dit avant tout quelque chose de la foi de celui qui supplie. Il n’est pas dans l’exigence du « Je l’exige, purifie-moi » où une fois de plus de Dieu devient l’esclave des caprices de celui qui exige. Le lépreux exprime qui est Jésus. Il est celui qui peut le guérir ; il le croit.
Par ce « Si tu le veux », le lépreux exprime, à genoux, son propre désir et le respect de la liberté divine ! Bien que malade, impur et exclu de la communauté, il ose s’approcher de Jésus et crier vers lui. Belle audace que celle du lépreux qui ne se laisse pas enfermer dans sa maladie, dans sa lèpre.
Il est beau, dans le même dynamisme, de voir l’attitude de Jésus. Tant de fois, dans l’évangile nous assistons à des guérisons à « distance ». « Va, ton enfant ou ton serviteur est guéri… » Alors que le lépreux est par définition impur, hors de la communauté, Jésus le touche physiquement. Belle audace que celle-ci.
Ainsi en est-il de la compassion, de la miséricorde divine. Dieu nous touche au cœur de nos blessures que nous cachons aux autres et à nous-mêmes. Dans les dimensions les plus noires de notre être, les recoins les moins glorieux de nos comportements, Jésus nous rejoint et nous touche réellement. En nous touchant, Jésus exprime ainsi qu’il veut prendre notre mal sur lui.
Nous ne sommes pas encore au temps du carême (qui arrive à grand pas) mais ces quelques mots peuvent nous aider à entrer dans l’infinie richesse du sacrement du pardon. Une fois encore, me direz-vous ? Parler de la miséricorde ne sera jamais de trop ! Mais pourquoi ici ? Les anciens ont vu dans la lèpre la figure du péché qui nous exclut de la communauté, qui nous sépare de Dieu. Dans la 1ère lecture est développé cet aspect d’exclusion et dans l’évangile, Jésus exhorte le nouveau guéri à aller voir les prêtres pour être rétabli dans la communauté.
Le pardon nous réconcilie avec Dieu, l’Église et nous-même. Le pardon de Dieu, c’est Jésus qui nous touche au cœur physiquement ! Il pardonne les péchés qui nous blessent les 1ers ! Pensons dès maintenant à ce pardon vivifiant.

Père Laurent de La Taille, curé

Vous avez la feuille de l’Echo des clochers n°21