LE SIGNE DU SERPENT DE BRONZE

Par sa mort, le Christ nous a délivrés de la mort : la mort l’a saisi, et il a tué la mort. Vous le savez, frères, Dieu n’a pas fait la mort, l’Écriture l’affirme : il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants, il a créé toutes choses pour qu’elles subsistent, mais, ajoute l’Écriture, par la jalousie du diable, la mort est entrée dans le monde.
Or Jésus, le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, est devenu mortel, car le Verbe s’est fait chair. Il a donc reçu la mort, et il a cloué la mort en croix. C’est ce qui a été donné en figure autrefois : de même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. C’est là un symbole important. Le peuple d’Israël était prostré dans le désert par des morsures de serpents, il mourut un grand nombre de gens. Le Seigneur ordonna à Moïse de faire un serpent d’airain et de l’élever sur une hampe dans le désert, et d’avertir le peuple : si quelqu’un était mordu par un serpent, qu’il regarde le serpent élevé sur la hampe.
Quels sont ces serpents qui mordent ? Les péchés qui nous viennent de notre condition mortelle. Quel est le serpent élevé ? Le Christ mort en croix. La morsure du serpent est mortelle, la mort du Seigneur donne vie.
Le Christ est la vie, et pourtant il est mis en croix. Le Christ est la vie, et pourtant il est mort. Mais dans la mort du Christ la mort est morte : en mourant, la Vie a tué la mort, la plénitude de la vie a englouti la mort, la mort a été absorbée dans le corps du Christ. Mais nous aussi, nous le dirons à la résurrection, lorsque nous chanterons un chant triomphal : Ô mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? D’ici là, frères, pour guérir du péché, regardons le Christ en croix. Ceux qui regardaient le serpent de bronze ne périssaient pas des suites des morsures des serpents ; ceux qui contemplent avec foi la mort du Christ sont guéris des morsures des péchés. Jadis ils furent libérés de la mort pour une vie qui n’avait qu’un temps ; maintenant, c’est pour obtenir la vie éternelle.

Saint Augustin

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