La première lecture de ce troisième dimanche de carême est prise du livre de l’Exode au chapitre 20. Elle est le récit de la loi donnée par Dieu à Moïse. Très souvent appelés les 10 commandements, il semble plus juste de les nommer les 10 paroles. « En ces jours-là, sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici :… » Les paroles ! Belle expression car elle renvoie à deux aspects bien essentiels. D’une part, elle renvoie au fait que la parole est le propre de l’homme. Ainsi Dieu qui parle entre en dialogue avec l’homme qui parle. L’alliance est ainsi faite dans un dialogue. Notre Dieu est le Dieu qui s’adresse à l’homme, qui ne cesse de lui parler et dont la Parole par excellence est Jésus-Christ lui-même. D’autre part la parole ici dans cette première lecture sous-entend la notion de libération. Parole libératrice et créatrice ! La suite immédiate du texte l’exprime nettement ; la première parole est celle-ci : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. » Les 10 paroles sont audibles car elles reposent sur ce socle d’un Dieu qui a libéré de l’esclavage d’Egypte son peuple. Dieu parle et agit. Il fait ce qu’il dit ! C’est par sa parole que le monde fut créé et le peuple libéré.
Ces 10 paroles sont donc à accueillir comme des paroles de libération, des paroles libérantes pour notre croissance spirituelle. Elles ne sont pas des contraintes. Dieu en donnant la loi à Moïse donne les rails sur lesquels nous appuyer. Accueillir ces 10 paroles est déjà une source en dessous de laquelle il y a danger pour nous-mêmes, pour l’humanité. Cependant, plus essentielle encore la grâce qui vient du Christ. Si la loi est un garde-fou au-dessous duquel il y a danger pour la vie spirituelle, la grâce de Dieu est source vivifiante et créatrice.
Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus chasse les vendeurs du temple et redonne le vrai sens des choses : Que le temple soit une maison de prière ! Que les idoles soient bannies ! Plus encore il se désigne comme le nouveau temple : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. » Ainsi de la loi de Moïse nous passons à la puissance de la Résurrection. De manière plus imagée et plus actuelle, nous pouvons voir dans les vendeurs chassés du temple cet appel qu’il faut chasser de notre cœur, de notre sanctuaire profond, lieu de la voix de Dieu, toutes les idoles qui nous encombrent pour en faire le lieu de l’adoration véritable. Nous sommes appelés à aimer « en actes et en vérité », à suivre le Christ par la grâce de Dieu. L’amour est notre chemin.

Père Laurent de La Taille, curé.

Feuille de l’Echo des clochers n°23 (et la 22)