candles-209157_1280-1266x474L’évangile de ce dimanche présente la particularité de deux miracles imbriqués l’un avec l’autre. La scène qui se déroule devant nous est là encore facile à imaginer. Un homme fait une démarche auprès de Jésus pour sa fille malade et une femme, à la dérobée, croit qu’en touchant simplement le manteau du Seigneur, elle guérira.
De tels récits nous disent quelque chose de la foi et insiste plus encore sur la progression de celle-ci. Comme si le lecteur, à l’image des disciples qui écoutent Jésus, avait à progresser à travers ces deux épisodes qui n’ont pas d’autre lien que Jésus. Et pourtant, « de la demande de guérison à la victoire sur la mort » ! Telle pourrait être l’élan de cette page d’évangile.
En effet, dans les débuts de l’évangile, Jaïre supplie Jésus de sauver sa fille « à toute extrémités ». Jaïre attend une guérison et Jésus le suit dans une foule nombreuse. Pendant cette traversée, une femme « qui avait des pertes de sang depuis douze ans » se dit en elle-même que si elle touche la frange de son manteau, elle pourrait guérir. Grand étonnement des disciples qui voient Jésus désirer voir celle qui a pu le toucher tant il y a du monde. Mais Jésus sait qu’une force est sortie de lui. La femme craintive sort alors de l’anonymat et se présente au maître. Nous assistons à ce moment-là à un premier pas de progression.
En effet, d’une foi sans relation, d’une foi peut-être magique, la femme, par la volonté de Jésus, va passer à une foi empreinte de relation à Jésus. Comment comprendre cette progression de la foi ? Ecoutons : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » « Sois guérie de ton mal » alors qu’elle est déjà guérie. Voilà une source d’étonnement. Comprenons qu’elle passe d’une guérison « volée » – où Jésus n’existe pas vraiment – à une guérison « redonnée » par le Christ lui-même au terme d’une démarche de foi qui comprend la relation. L’hémorroïsse se montre et raconte son histoire dans une rencontre. Venant chercher la guérison, elle reçoit alors plus qu’elle n’a désiré. Elle reçoit une foi plus grande et le salut.
Cet épisode fini, nous rejoignons le pauvre Jaïre. Sa fillette est décédée et sa foi mise à l’épreuve par l’incrédulité de ceux qui lui annoncent l’évènement. « Sois sans crainte, crois seulement » lui dit Jésus. Là encore un pas est franchi. Jaïre est devant l’inéluctable. Si sa demande du début était une guérison pour sa fille, que faire maintenant qu’elle est morte ? Se laisser faire par la parole de Jésus et de croire à l’impossible. A travers cet épisode, il est donné au lecteur de se mettre dans les sentiments de Jaïre et d’aller, par la résurrection de sa fille, jusqu’à celle de Jésus. Saint Marc, dans cette page d’évangile, veut nous donner une progression de la foi.
Nous avons le passage de la foi originelle de Jaïre qui a renoncé à tout espoir humain pour se confier en Jésus, puis de la foi primitive de l’hémorroïsse, encore guidée par un calcul intéressé, à la seconde foi de cette femme toute marquée par sa relation à Jésus, et enfin à la foi plénière de Jaïre, foi en celui qui ressuscite les morts. Soulignons encore un point. Le secret de ces miracles. La raison en est simple. Jésus n’est pas une « star ». L’action de Jésus n’est pas là pour le confondre avec un guérisseur de l’époque mais pour le révéler comme sauveur. A la lumière de Pâques, tout s’éclaire d’un éclat nouveau : Jésus est victorieux de la mort.

Père Laurent de La Taille, curé

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La n°37