P1040443L’évangile de dimanche est de la même teneur que celui de la semaine dernière. Jésus avait réuni ses 12 disciples qui débâtaient sur qui étaient le « plus grand » et avait placé au milieu d’eux un enfant à accueillir en son Nom. Ainsi Jésus leur disait en acte que non seulement le petit a du prix aux yeux de Dieu mais encore que le serviteur a une grande dignité ; que le pouvoir n’a de valeur que par le service. Et Jésus est allé jusqu’au bout de sa parole en acceptant la mort sur la croix, service rendu pour la réconciliation des pécheurs.
Cette semaine, nous sommes invités à méditer encore sur le fait d’être disciples du Christ. Permettez-moi de citer ces quelques lignes de J. Delorme (cahier évangile n°1) : « Au verset 37, il s’agit pour le disciple d’accueillir quelqu’un. ‘‘Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé.’’ Au verset 41 au contraire, c’est le disciple qui est accueilli par un autre. ‘‘Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense’’
Mais dans les 2 cas, c’est le Christ qu’on accueille. Jésus souligne maintenant l’éminente dignité du disciple, de celui qui représente le Christ parce qu’il porte son nom. /…/ Le plus petit disciple du Christ représente le Christ. C’est un thème profond bien oublié de nos jours : le chrétien est un signe de la présence du Christ, le Christ s’identifie au moindre des chrétiens. C’est là une responsabilité exaltante pour chacun de nous. Ce thème suppose bien sûr une société où l’appartenance au Christ se remarque et fait choc, une société méfiante à l’égard des chrétiens. On retrouve là le contexte des 1ères persécutions. Le verre d’eau peut très bien faire allusion à un geste de pitié envers un chrétien méprisé et malmené. De même, dans Mt 25, toutes les situations évoquées (faim, soif, exil, pauvreté, maladie, prison) conviennent bien à des persécutés. C’est d’ailleurs en ce sens que le texte a été utilisé au 3ème siècle. On disait au chrétien : votre martyr n’est pas inutile, parce que vous permettez aux païens qui vous secourent dans la persécution d’être sauvés ».
La dignité de disciple réside dans le fait de l’être selon la volonté de Jésus : par le service. En effet, « Jésus demande aux douze d’être des serviteurs. La réaction de Jean et des autres est au contraire une réaction de dominateurs, une affirmation de leur volonté de puissance et de monopole. Ils veulent accaparer la puissance du Christ. Les chrétiens ont toujours, comme groupe, la tentation de dominer, alors que la loi que le Christ donne à l’existence de leur groupe est de servir. » La fin de ce passage (que nous n’avons pas ce dimanche) est au verset 50 « Soyez en paix les uns avec les autres ». Ainsi nous passons dans ces deux épisodes, de la préséance – à savoir qui est le 1er – à la recherche de la paix. Saint Marc donne ainsi une exhortation à la vie fraternelle dans les communautés et envers ceux qui sont « dehors ». En cela rien n’a changé pour nous-mêmes aujourd’hui. Servir au nom de Dieu et être en paix les uns les autres sera toujours d’actualité et force de témoignage.

Père Laurent de La Taille, curé

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