vitrail jbaptisteL’Evangile de ce 3ème dimanche de l’avent est concret dans la continuité de celui de la semaine dernière, outre les versets 7 à 9 qui ne sont pas lus. Jean Baptiste proclame un « baptême de conversion pour le pardon des péchés » (2ème dimanche de l’avent) et répond (en ce dimanche) aux questions précises de ceux qui désirent être baptisés : « Que devons-nous faire ? » Leur préoccupation est grande de prendre le bon chemin, de vivre réellement du baptême de Jean.
L’évangile est concret ; Jean ne tergiverse pas. Il répond par une certaine exigence incarnée. A chacun son métier, son activité ; à chacun sa conversion, son combat. Rien de ce que Jean Baptiste dit n’est vraiment extraordinaire et en même temps le vivre en profondeur n’est pas vraiment spontané. Son discours rencontre un accueil favorable. Les gens qui viennent lui poser la question de leur juste attitude écoutent ses réponses. Rien n’est dit d’un désaccord. L’évangile, au contraire, continue d’une manière douce, Luc soulignant : « Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. » Le saint évangéliste fait ainsi un rapprochement entre les réponses de Jean Baptiste – et sans doute toute sa personnalité – et l’attente du messie.
Notre méditation peut alors se porter alors sur cette notion d’exigence comme lieu de présence du Messie. Les réponses, à la fois, exigeantes et évidentes de Jean entrent en harmonie avec l’attente du peuple. Laissons-nous surprendre par le fait qu’elles ne font fuir personne. Peut-être les attendent-ils ? Remarquer ce lien entre ‘‘l’exigence’’ et le Messie attendu est important pour ce temps de l’avent. Nous sommes appelés à la conversion, non pour recevoir un baptême déjà reçu mais pour en vivre vraiment.
Jean le Baptiste répond à leur demande silencieuse : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu »Alors, allons plus loin.
Si les contemporains de Jean se demandent à la vue de ses signes et à l’écoute de ses paroles s’il n’est pas le Messie ; si à l’exigence proposée, ils se demandent en eux-mêmes si Jean n’est pas celui attendu par le peuple, alors notre conversion doit être plus grande encore – non pas volontariste – mais ferme, avec la conviction renouvelée que le Seigneur nous en donnera les moyens. Car le baptême de Jean n’est pas le même que le baptême chrétien. La grâce nous est donnée. Forts de cette conviction, comprenons que la conversion ne consiste pas à réaliser des actions extraordinaires mais à mettre beaucoup de justice, d’amour, de miséricorde dans les actions quotidiennes. L’exigence décrite par Jean baptiste n’est pas hors champs d’action ; elle n’est pas l’exigence du héros se manifestant par une bravoure hors du commun. La véritable exigence, la vraie bravoure sont dans la fidélité à la conversion dans nos vies concrètes. Le temps est un don de Dieu pour que nous puissions vraiment, dans le quotidien, nous en approcher. Profitons-en ! Plus encore en cette année de la Miséricorde. C’est notre joie, celle dont il est question dans la 1ère lecture : «Pousses des cris de joie, fille de Sion… Le Seigneur, le roi d’Israël est en toi »

Père Laurent de La Taille, curé