priereL’évangile de ce dimanche fait suite à celui de la semaine dernière. Jésus arrive à la synagogue de Nazareth où il a été élevé. Il y est connu. Il se lève et fait la lecture trouvant, choisissant un passage du prophète Isaïe. Saint Luc choisit ses mots. Jésus veut délivrer son message et choisit ce qui convient. Le cœur du cœur de la semaine dernière avec les répercussions pour ce dimanche est son insistance sur « l’aujourd’hui ». Jésus est « l’aujourd’hui » de Dieu, le messie attendu. Certes il n’est pas le messie temporel, mais bien « l’inspiré de Dieu ». « Aujourd’hui, cette parole s’accomplit ». Voilà qui provoque ! A la fois, les personnes qui l’écoutent « s’étonnent des paroles de grâce qui sortent de sa bouche » et en même temps la colère gronde. Jésus n’y va pas de main morte !
« Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays » et les exemples de guérisons qu’il donne concernent une veuve du Liban et un général de Syrie. Comme si Jésus exprimait le fait que, si les miracles d’antan ont eu lieu ailleurs et si lui-même n’est pas accueilli, c’est en raison de la certitude de ceux qui l’écoutent, de leur «manque de manque». Le général, la veuve, tous ont crié vers Dieu avec – il est vrai – plus ou moins d’élan. Ici il n’en est rien. Les habitants de son village veulent voir chez eux les signes réalisés à Capharnaüm. Peut-être parce que l’enfant du pays devait commencer chez lui ; peut-être aussi, dans le meilleur des cas, pour éventuellement entrer dans un chemin de conversion. Mais ils veulent des signes mais sans trop s’engager, sans crier, sans s’abandonner. Voir pour voir… Et puis Jésus, ils le connaissent ; il ne peut être celui qu’il prétend être.
Et pourtant, aujourd’hui encore Jésus se manifeste, se donne. Aujourd’hui encore Dieu nous exhorte à la conversion. Aujourd’hui encore, nous sommes appelés à nous retourner vers Dieu, à Le choisir vraiment, à accueillir Jésus comme le messie : celui qui guérit, relève, libère, pardonne. A chacun de nous d’oser crier, dans la persévérance, vers le Miséricordieux.
J’ose faire un rapprochement avec les 24h pour Dieu. De quoi s’agit-il si ce n’est simplement être présent à sa Présence pendant l’adoration et dans le pardon offert. Il est là, nous enseignant dans le silence. Devant Lui, dans l’acte de foi en sa Présence réelle, nous vivons un cœur à cœur, pouvant tout Lui confier simplement. Si le signe est pauvre, celui de l’hostie consacrée, la Présence est grande, le Seigneur Jésus. Voilà l’attitude inverse décrite dans l’évangile. Ne demandons pas d’autres signes que celui que Jésus nous donne lui-même. Comme Jésus à la synagogue (quoique différemment) Jésus est là devant nous. Laissons-nous toucher par sa présence ; expérimentons la prière de nuit. Confions-nous à Lui simplement.

Père Laurent de La Taille, curé

Feuille de l’écho des clochers n°21