Avant de commencer l’édito, sachez que vous pouvez trouver ici le programme de la veillée de la Miséricorde du samedi 16 janvier.

enfant prodique de Rembrandt 1Nous sommes, en ce mois de Janvier jusqu’en son dernier jour, invités à l’échange des vœux de bonne année et de bonne santé. Ne dérogeons donc pas à cette coutume d’échanges des meilleurs vœux.
L’année 2015 a été marquée par de nombreux actes de violence de par le monde et chez nous en France, meurtrie par des actes terroristes. Que cette année 2016 soit une année de Paix entre les peuples et entre nous. Pour nous chrétiens qui partageons le message de Jésus-Christ, il est bon d’entendre l’appel à la paix comme un appel essentiel, urgent et missionnaire. Il est, en effet, de l’ordre de la mission – c’est-à-dire de la propagation de la bonne nouvelle – que d’être, là où nous sommes, des instruments de paix. C’est être ainsi le visage de Dieu, à l’image de Jésus Christ qui est le « visage de la miséricorde du Père » comme l’a écrit le Pape François dans sa bulle inaugurant l’année sainte de la Miséricorde.
L’année de la Miséricorde doit être ainsi vue comme un élément favorable à la démarche de paix et à la réalisation d’une bonne et sainte année. Une telle année peut nous aider à une double prise de conscience.
Tout d’abord – et c’est sans doute l’aspect le plus délicat – la miséricorde nous réconcilie avec nous-mêmes. Elle nous est nécessaire. Elle nous redonne de choisir la vie. Accueillir la miséricorde de Dieu est alors un remède de bonne santé spirituelle puisqu’elle guérit nos infirmités. En amont, elle nécessite de chacun de nous d’accepter la réalité d’un besoin, d’un manque. Besoin de Dieu, manque de plénitude et de sérénité. La miséricorde rend l’harmonie qui nous manque ; elle est une résurrection après la passion que peut être la reconnaissance de nos limites.
Nous sommes parfois plus enclins à un geste de générosité envers autrui qu’envers nous-mêmes surtout si cela touche nos propres faiblesses. Car un tel geste peut occulter ce qui doit être transformé en nous par la miséricorde divine. Une bonne année consisterait à nous dire que la miséricorde n’est pas avant tout pour les autres mais aussi pour chacun de nous. Et ce n’est pas – paradoxalement peut-être – un recentrement sur soi mais, par l’acceptation de notre condition de créatures, une ouverture à la miséricorde que Dieu nous porte et qu’il nous invite à porter aux autres. Ainsi parce que nous aurons conscience de l’amour inconditionnel de Dieu, nous comprendrons que cet amour ne peut être retenu pour nous. Ce que nous recevons de sa grâce, nous devons le vivre autour de nous.
La veillée de la miséricorde divine du 16 janvier est à vivre dans cet état d’esprit. Dans la simplicité, nous prendrons conscience de l’amour que Dieu porte à l’humanité, pour en être porteurs nous-mêmes. Avec les chantres (parmi tant d’autres) de la Miséricorde (Sainte Faustine, Saint Jean-Paul II et bienheureux P. Papocko) dont nous pourrons vénérer les reliques, par l’annonce de la miséricorde divine, la messe et la veillée (tout ou partie) nous prendrons conscience de la miséricorde de Dieu. L’exercice de la vénération des reliques n’est pas trop dans nos habitudes cartésiennes. Il consiste simplement à exprimer sa dévotion et sa confiance en Dieu et aux Saints à qui ont appartenu les reliques. D’une certaine façon elle est un appel à nous simplifier pour qu’à travers un geste, c’est l’amour que nous portons à Dieu qui s’exprime.
Je vous invite nombreux à venir l’ensemble de la veillée et particulièrement à l’annonce de la Miséricorde ; je vous invite aussi à inviter autour de vous. Bonne et sainte année 2016 ; bonne et sainte année de la Miséricorde !

Père Laurent de La Taille, curé

Feuille de l’Echo n°18