candles-209157_1280-1266x474Les textes de ce dimanche offrent entre autres à notre méditation deux aspects qui se complètent. Le premier porte sur l’appel – d’Isaïe ou de Pierre – et l’autre sur le rapport entre le péché et l’appel entendu. Je ne sais si, comme moi, vous êtes touchés par la conjonction entre notre petitesse et la sainteté de Dieu.
En effet, saisi d’effroi devant la majesté divine, Isaïe s’écrie : « je suis perdu car je suis un homme aux lèvres impures. » tandis que Pierre devant le miracle de la pêche miraculeuse ne peut retenir ce cri « éloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur ». Les deux sont saisis par la même réalité : la grandeur de Dieu et leur petitesse, leur péché. Leur cri exprime la grandeur de Dieu et l’impossibilité au pécheur de se tenir en sa Présence. Ils se sentent indignes. Il est bon de revenir nous aussi à cette réalité ! Devant la majesté de Dieu, nous ne sommes rien par nous-mêmes. Une telle prise de conscience, mettant à mal notre orgueil, est le passage obligé pour avancer dans la vie spirituelle. Dieu est Dieu et que nous ne le sommes pas. La foi reçue, le chemin parcouru vers Lui sont déjà un fruit de sa grâce. Cependant durcir la séparation entre Dieu et nous serait anéantir la passion et la résurrection de Jésus. Elles sont les lieux de la réconciliation, de l’alliance. La première lecture et l’évangile nous appellent ainsi à l’espérance. La conjonction d’un appel de Dieu et du péché est rendu possible par miséricorde. Isaïe est pardonné et Pierre missionné comme apôtre.
L’attitude qui guette le monde actuel n’est pas du même ordre que celle exprimée par Isaïe ou Pierre. Ce n’est pas l’effroi qui nous saisit devant Dieu mais plutôt l’indifférence à sa présence et sa grandeur. Comme le soulignait Saint Jean Paul II, c’est parce que nous ignorons Dieu que nous nous aveuglons sur le péché.
Or Isaïe et Pierre sont appelés tels qu’ils sont ; Dieu ignorait-il qu’ils étaient pécheurs ? L’alliance est possible mais il existe des conditions et conséquences pour tenir ensemble appel et péché. La condition est l’effroi devant la sainteté divine, l’acceptation de notre état pécheur et le désir d’en sortir par miséricorde. C’est la conversion. La conséquence devient alors un élan vers les autres. Fortifiés par l’amour de Dieu, nous avons le souci de donner aux autres ce que nous avons nous-mêmes reçu : l’amour. Les 24h pour Dieu (qui commence le carême) sont là pour vous. Un temps pour adorer la beauté divine, un temps pour s’écrier avec Pierre : « Je suis un homme pécheur » mais pour entendre aussi avec lui notre mission : « sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ». Encore faut-il grandir dans l’effroi, nous poser simplement la question de notre dernier recours à la miséricorde divine… et venir rendre toute grâce à Celui qui me sauve.

Père Laurent de La Taille, curé

Feuille de l’écho des clochers n°22