enfant prodique de Rembrandt 1Comme chaque année, nous vivons et célébrons la messe des rameaux dont le titre exact est : « Messe des rameaux et de la passion du Seigneur ». Sa structure peut nous étonner et il est bon, avant de la vivre ou l’ayant tout juste vécue, de découvrir en quoi sa structure elle-même nous enseigne.

Si une telle célébration ne diffère pas totalement des messes dominicales habituelles, elle ne commence pas de la même façon. En effet, l’assemblée est à l’extérieur de l’église, rameaux en main et écoute l’évangile dans lequel Jésus est acclamé lors de son entrée à Jérusalem. Elle fait sienne la joie du peuple pour entrer, elle-aussi, dans cette acclamation. « À mesure que Jésus avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »

Cependant dans cette même page d’évangile selon Saint Luc, des objections se lèvent déjà ! Quelques pharisiens invitent fermement Jésus à faire taire ses disciples. Une telle joie, liée aux miracles de Jésus, leur est insupportable. Jésus n’en fais rien.

Dès le début de la messe, nous percevons ainsi la présence de joie et de violence, accentuée plus encore par le 2nd évangile de la messe, la passion de Jésus. Comme s’ils disaient : « Puisque tes disciples ne se taisent pas, nous allons traiter le mal à la racine par ta mort, Jésus. » Ainsi – il me paraît important de souligner – des sentiments contradictoires transparaissent dans l’unité d’une cette messe comme une invitation à ne pas nous voiler les yeux. Nous sommes à la fois de cette foule qui acclame Jésus lors de son entrée, fière de le connaître et de le suivre et de ce petit groupe de pharisiens entraînant cette même foule à le condamner. Nous connaissons dans le même temps les tensions de l’âme humaine, désireuse de suivre le Christ et prompte à Le condamner.

Or Celui que nous condamnons si souvent est Celui qui ne condamne pas ! « Il ne désire pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse ». Cette année jubilaire de la miséricorde, ouverte par le pape François, veut nous donner de croire plus encore dans l’amour que Dieu ne cesse de nous donner et dont la manifestation particulière se fait dans le pardon de toutes offenses (encore faut-il demander ce pardon et désirer changer de vie).

Alors, pendant cette semaine sainte, allons vers Lui ; acclamons-Le pour l’amour et le pardon qu’Il nous donne. Profitons des 24h pour Dieu (en ce moment) ou des permanences proposées sur la paroisse…

Laurent de La Taille, curé

Feuille de l’écho des clochers n°27