Dimanche dernier, le 5ème dimanche de Pâques (24 avril 2016), nous avons entendu Jésus nous dire les paroles suivantes : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » La parole de Jésus est d’une grande puissance tant elle nous engage. Avant de méditer sur cet engagement, essayons de cerner les caractéristiques les plus profondes de l’amour de Jésus. « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres ». Ce « comme », d’une grande profondeur, ouvre deux chemins qui se complètent.

La notion la plus facile à comprendre est celle de l’exemple. Jésus nous exhorte à avoir le même comportement que lui. Or l’amour que Jésus a porté au monde est un amour qui est allé « jusqu’au bout » (St Jean 13, 1), à savoir la mort de la croix. Ce fut un amour qui n’a rien retenu pour lui-même. L’appel nous est lancé d’aimer comme Jésus et passe ainsi par une mort à nous-mêmes, à nos préférences, pour choisir en 1er l’autre.

D’autre part, ce « comme » a valeur aussi de participation. Plus délicat à saisir, il s’agit de comprendre que Jésus n’est pas un maître de sagesse, une belle figure à imiter mais la source de tout bien. Il nous donne de participer à son amour. Il y a une intimité. C’est en nous greffant à Jésus que notre capacité d’aimer se développera. Les conséquences sont importantes et entrent –précisons-le maintenant – dans l’état d’esprit de la veillée du 10 mai prochain à Houdan. « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples… ». L’amour est le signe par excellence pour le monde ! L’enjeu est donc de grandir en amour les uns les autres pour être signe de la présence, de la sollicitude divine.

 

Ce dimanche 1er mai, Jésus nous dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » Il y a comme une continuité entre les paroles de ces deux dimanches. En effet, aimer Dieu nous donne de garder sa parole et celle-ci nous exhorte à aimer nos frères. Ainsi nous tenons ensemble l’amour de Dieu et l’amour des autres. Car le danger peut être double. Celui d’aimer les autres mais sans Dieu. Mais de quel amour s’agit-il ?

Et le danger plus spontané d’aimer tellement Dieu que cet amour nous sépare des autres. Dieu devient un refuge et non une source ; il devient un prétexte et non un jaillissement.

Qu’en ces jours, le Seigneur nous donne son Esprit de Paix, d’Amour, voilà le souhait que nous pouvons nous souhaiter les uns les autres pour mieux aimer, pour mieux nous aimer et être ainsi un signe pour le monde.

Père Laurent de La Taille, curé

Voilà la nouvelle feuille de l’écho des clochers n°32

La messe de ce soir est à l’église de BOURDONNE